L’essentiel à retenir : la phytothérapie consiste à utiliser des plantes ou des extraits de plantes pour prévenir ou soulager des troubles bénins. Certaines plantes ont un usage reconnu par les autorités européennes, par exemple la menthe poivrée pour les troubles digestifs, la valériane pour le sommeil ou le gattilier pour le syndrome prémenstruel. Naturel ne veut pas dire sans risque : les plantes ont des effets indésirables, des contre-indications et des interactions avec les médicaments. Elles ne remplacent pas un traitement en cas de maladie.
Sommaire
- Qu’est-ce que la phytothérapie ?
- Usage traditionnel ou usage bien établi
- Les plantes les mieux connues, par usage
- Les formes : tisane, gélule, extrait
- Précautions et interactions
- Où acheter et qui consulter ?
- FAQ
Qu’est-ce que la phytothérapie ?
La phytothérapie (du grec phyton, plante) est la plus ancienne forme de soin. De nombreux médicaments modernes en sont issus : l’aspirine dérive d’une substance du saule, la digoxine de la digitale, la morphine du pavot. Aujourd’hui, on distingue les médicaments à base de plantes, contrôlés comme tout médicament, et les compléments alimentaires et tisanes à base de plantes, dont l’efficacité n’a pas à être démontrée pour être vendus.
La Pharmacopée française répertorie les plantes médicinales, dont une partie peut être vendue en dehors des pharmacies.
Usage traditionnel ou usage bien établi
Le comité des plantes de l’Agence européenne des médicaments (HMPC) publie des monographies pour de nombreuses plantes. Il distingue :
- l’usage bien établi : l’efficacité et la sécurité sont soutenues par des études cliniques suffisantes ;
- l’usage traditionnel : l’efficacité est plausible au vu d’au moins 30 ans d’utilisation, dont 15 en Europe, mais n’est pas démontrée par des essais solides.
La plupart des plantes vendues relèvent de l’usage traditionnel. C’est un bon repère pour garder des attentes réalistes.


Les plantes les mieux connues, par usage
Digestion
- Menthe poivrée : ballonnements, spasmes digestifs ; l’huile essentielle en capsules gastro-résistantes est étudiée dans l’intestin irritable.
- Fenouil, anis : ballonnements, gaz (usage traditionnel).
- Gingembre : nausées, notamment du mal des transports.
- Artichaut : digestion difficile (usage traditionnel). Il ne « détoxifie » pas le foie.
Sommeil et stress
- Valériane, passiflore, mélisse, tilleul : stress léger et difficultés d’endormissement. Voir notre article sur l’anxiété.
Peau
- Calendula et camomille : petites inflammations de la peau (usage traditionnel). Voir notre article sur la camomille.
Santé féminine
- Gattilier : syndrome prémenstruel (usage bien établi pour certains extraits). Voir notre article sur l’équilibre hormonal.
Voies urinaires et circulation
- Busserole : symptômes de cystites légères récidivantes (usage traditionnel, de courte durée). Une cystite avec fièvre ou douleur lombaire nécessite un médecin.
- Vigne rouge, marronnier d’Inde : jambes lourdes.
Les formes : tisane, gélule, extrait
- Infusion : eau frémissante versée sur les feuilles et les fleurs, 5 à 10 minutes à couvert.
- Décoction : racines, écorces ou graines bouillies quelques minutes.
- Gélules de poudre ou d’extrait sec : dosage plus précis, utile quand la plante a mauvais goût.
- Extraits liquides et teintures : souvent alcoolisés, à éviter chez l’enfant, la femme enceinte et les personnes qui ne doivent pas consommer d’alcool.
Conservez les plantes sèches à l’abri de la lumière, de l’humidité et de la chaleur, et respectez la date de péremption : les principes actifs se dégradent avec le temps.


Précautions et interactions
- Millepertuis : il diminue l’efficacité de nombreux médicaments (pilule contraceptive, anticoagulants, immunosuppresseurs, certains traitements du VIH et du cancer).
- Ginkgo, ail ou curcuma en compléments : risque de saignement avec les anticoagulants.
- Réglisse en excès : hypertension, baisse du potassium.
- Plantes laxatives (séné, bourdaine) : pas plus de quelques jours sans avis médical.
- Grossesse, allaitement, enfants : la plupart des plantes n’y ont pas été étudiées ; demandez conseil avant toute prise.
- Cueillette : de nombreuses plantes toxiques ressemblent à des plantes comestibles ou médicinales (colchique et ail des ours, ciguë et carotte sauvage). Ne cueillez que ce que vous identifiez avec certitude.
Signalez toujours les plantes que vous prenez à votre médecin et à votre pharmacien, et déclarez tout effet indésirable sur signalement-sante.gouv.fr.
Où acheter et qui consulter ?
Les pharmacies, et notamment les pharmaciens formés en phytothérapie, sont les interlocuteurs les plus sûrs : ils connaissent vos traitements et les interactions possibles. Le métier d’herboriste n’est plus encadré par un diplôme d’État en France depuis 1941, mais des herboristeries vendent les plantes autorisées à la vente libre. Pour une approche plus globale, voyez aussi notre article sur la médecine holistique.

FAQ
La phytothérapie est-elle efficace ?
Pour certaines plantes et certains troubles bénins, oui ; pour beaucoup d’autres, les preuves manquent. Les monographies européennes sont un bon repère.
Peut-on associer plantes et médicaments ?
Pas sans avis d’un professionnel : certaines associations sont dangereuses.
Les plantes ont-elles des effets secondaires ?
Oui. Comme tout produit actif, elles peuvent provoquer des troubles digestifs, des allergies ou des atteintes du foie.
Combien de temps faire une cure ?
Cela dépend de la plante. En l’absence d’amélioration après deux à quatre semaines, consultez.
Cet article est informatif et ne remplace pas une consultation médicale.
Sources : Agence européenne des médicaments, comité des médicaments à base de plantes (HMPC) et monographies ; ANSM, Pharmacopée française (liste des plantes médicinales) ; Anses, dispositif de nutrivigilance. Vérifié en octobre 2026.


